VPSPLEX est en ligne depuis ce matin. Avant que les premiers serveurs ne soient commandés, nous tenons à expliquer pourquoi nous avons passé dix-huit mois à construire un hébergeur dans un marché qui n'en manque pas — et ce que nous promettons, concrètement.
Nous sommes quatre ingénieurs réseau et système. Entre 2015 et 2020, nous avons opéré des infrastructures pour des tiers : hébergeurs, registrars, CDN. Ce que nous avons vu de l'intérieur nous a décidés à bâtir quelque chose de différent. Ce texte est notre contrat avec vous, pas notre brochure.
Le constat : deux dérives
La première dérive est documentaire. Sous pression des régulateurs et des prestataires de paiement, les hébergeurs sont devenus des coffres à identités : scans de passeports, justificatifs de domicile, selfies. Or ces bases concentrent exactement ce qu'elles prétendent protéger. En 2020, plusieurs fuites massives de documents d'identité chez des acteurs de l'internet — registrars, hébergeurs, opérateurs VPN — ont exposé des centaines de milliers de clients. Non pas grâce à un exploit technique spectaculaire, mais parce que ces données existaient quelque part.
La seconde dérive est procédurale. Le takedown abusif est devenu un outil de censure économique : plaintes DMCA générées par des robots, signalements « anti-abuse » montés de toutes pièces par des concurrents, mises en demeure envoyées directement aux hébergeurs. Sur le terrain, nous avons vu des serveurs suspendus un vendredi soir sur la seule foi d'un email automatisé, puis rétablis le lundi avec des excuses formulaires. Quarante-huit heures d'indisponibilité pour rien : sans juge, sans contradiction, sans recours.
Ces deux dérives ont un point commun : elles punissent l'hébergeur qui n'a rien fait comme le client qui n'a rien demandé. Nous avons décidé de supprimer les deux mécanismes à la racine, plutôt que d'ajouter une page de mentions légales de plus.
Quatre promesses, un refus
1. Zéro pièce d'identité
Pas de nom, pas d'adresse, pas d'email, pas de numéro de téléphone. Le compte est un token généré chez vous, hashé chez nous, affiché une seule fois. Même une fuite totale de notre base ne révélerait que des empreintes sans nom à rattacher.
2. Zéro log
Ni log de connexion, ni log de trafic, ni historique d'adresses IP. Notre politique n'est pas une ligne de conditions générales : c'est un état technique. Rien n'est écrit, donc rien ne peut être remis, volé ou acheté.
3. Paiement crypto uniquement
Bitcoin, Monero, Ethereum, Litecoin, en direct on-chain ou via un processeur qui ne nous transmet aucune identité. Aucune carte bancaire, aucun compte marchand nominatif, aucune trace financière entre vous et votre serveur.
4. Le droit local, pas les emails
Une plainte étrangère — DMCA ou autre — n'a aucun effet automatique sur nos serveurs. Seule une décision de justice émanant du pays où siège la machine est examinée, et elle est contestable devant les juridictions de ce même pays.
Ce que nous refusons, en revanche, c'est de vendre de l'impunité. Pas de phishing, pas de malware, pas de spam, pas d'exploitation d'enfants. Une ordonnance locale valide sur ces sujets est traitée dans l'heure. Cette ligne est écrite dans notre politique d'abus (AUP) — lisez-la, elle fait partie du produit.
Les premiers chiffres
Au lancement, l'infrastructure tient en une phrase : trois points de présence — Rotterdam, Bucarest, Reykjavik —, un AS propre, des plages IPv4 que nous contrôlons de bout en bout, de l'AMD EPYC et du NVMe Gen4 partout, et un anti-DDoS en entrée de réseau. Nous n'avons pas externalisé le réseau : c'est précisément le réseau qui porte les garanties que nous vendons.